Il est petit, elle n’est pas grande. Un peu secrète, très mysterieux. Elle rêve de lui, il ne pense qu’à eux. Si seulement, si seulement ils étaient moins peureux. Souvent elle pense à son sourire, quelque fois il pense à lui dire. Les jours passent et elle se lasse, que faut-il faire pour qu’il m’enlasse ?
Mais il a peur. Pas peur d’elle, non. Car il sait, il sait qu’elle l’aime, plus encore, qu’elle l’adore. Qu’elle n’attend que ça, de lui un pas, un semblant de premier pas. Il sait par ses regards que pour elle aussi il est quelqu’un d’à part. Mais pourtant il doute, a peur. De qui ? De lui. Tellement peur de lui qu’il redoute un Nous. Tellement peur de lui qu’il la protège d’un Eux.
 Mais s’il pouvait savoir comme elle s’en fout elle, de ses peurs à lui. Si seulement il ouvrait les yeux il verrait que c’est elle, elle seule qui peut les atténuer ses foutues peurs, ses foutus pleurs. Elle s’en moque de ce qui l’ attend, elle n’en peut juste plus d’attendre. Elle s’en moque que les gens se moquent. Si seulement il voyait comme elle s’en moque.
Face aux autres on est souvent pas braves, souvent craintifs, parfois honteux. Mais face à nous. Face à nous… qu’est-ce qu’on peut être nerveux, face à nous. Y a t-il plus grande peur que celle de soi même face à soi même ?